mercredi 13 mars 2013

A propos de harkis

Vous trouverez dans le format PDF du journal "Confluences", et en page 2 le laïus que j'ai publié sur Face Book, en réponse aux tentatives de blanchiment du passé des harkis par une progéniture agressive et présomptueuse. Bonne lecture :

http://algerie-confluences.com/

vendredi 8 mars 2013



Qu'on se le dise : Dehbia est revenue !

Cela faisait des semaines, des mois, que nous errions du côté du Sentier, comme des âmes en peine, en quête d'une présence, d'une ombre, orphelins, non pas d'une mère ou d'un père, mais d'une égérie, d'une figure. La Grappe d'Orgueil, rue  Montorgueil la piétonnière, n'avait plus le même attrait, le même magnétisme qui nous attirait irrésistiblement vers ce bistrot, sans prétentions autres que culturelles. La "Grappe d'Orgueil", on y allait naturellement, et on s'y donnait rendez-vous, aussi naturellement, ceux qui habitaient à Paris, ou ceux qui venaient d'Alger ou d'ailleurs.
Durant les folles années de jeunesse, on se retrouvait "Chez Saada", qu'on suivait, comme son ombre, de quartier en quartier, de bistrot en troquet, où les amitiés, les amours aussi, se nouaient et se dénouaient. C'est d'ailleurs, un Saada en retraite, qui m'a "livré" un jour chez Dehbia, comme un legs à transmettre à une héritière. C'est ainsi que ça se passait, puisque les anciens de "Chez Saada", s'étaient tous fait muter "Chez Dehbia". Ça va, le vieux, on a assez parlé de toi ! Je parlais donc de prétentions culturelles, parce que "Chez Dehbia", c'est l'enseigne qui trottait dans nos têtes, on pouvait rencontrer des auteurs de livres, des romanciers, des artistes et des cinéastes.
Les derniers à en être, avant la clôture de la saison, et l'apparition du mot fin en bas du générique, ont été, me semble-t-il, nos amis Rachid Boudjedra et Boudjema Karèche. Mais oui, Merzak, c'est bon d'avoir des amis, et même de se faire avoir par eux, c'est un peu le sel de la vie. Tu me suis ? Avant que je n'oublie, il me semble t'avoir aperçu d'ailleurs, lors de la très belle, et très fastueuse soirée, avec "Rimitti", celle qui a fait d'une injonction de bistrot un titre de gloire. Elle m'avait invité à faire quelques pas de danse avec, elle, comme l'a fait jadis Dorothy Mazuka, au "Play-Boy" d'Hararé, juste avant que les Mugabé et consorts n'en fassent un désert.
Je sais, je sais, mon succès auprès de ces dames t'a toujours fait de l'ombre, pour ne pas dire exacerbé, mais ça te passera, comme aux autres, Merzak. Mais revenons à Dehbia, si tu le veux bien, et même si tu n'étais pas son préféré. Non ! Dehbia ne nous a pas quittés brusquement, comme le ferait une mère indigne, ou une maîtresse papillonnante et volage. Il n'y avait rien de tout ça chez notre Dehbia. Cela faisait même longtemps qu'elle disait vouloir se retirer, changer d'air, voyager, visiter des continents lointains, autrement qu'en regardant, et en accueillant les touristes du quartier. Mais elle le répétait si souvent qu'on avait fini par ne plus y croire, et à finir une conversation, au téléphone, avec la sempiternelle phrase : "Alors, on se voit chez Dehbia?".  
Eh bien, non, on ne se verra plus "Chez Dehbia", mais on aura quand même l'impression d'y être, puisqu'elle sera avec nous, Dehbia, ou nous serons avec elle ! Quand même, il est resté un peu de mélancolie dans l'air, pas celle qui étouffait Léo Ferré, mais une mélancolie douce-amère. Même Aïssa qui habite juste à côté, et qui craignait chaque fois qu'il passait dans la rue Montorgueil, de tomber dans une embuscade éthylique, manifestait son dépit à sa manière. Chaque fois qu'il rentrait à "La Grappe d'Orgueil", il criait, à la cantonade :" Dehbia n'est pas là?". Ce qui ne devait pas faire très plaisir aux nouveaux propriétaires.
Bon ! Séchez vos larmes et arrêtez vos lamentations ! Dehbia est revenue, hors saison et bien après le Père Noël, mais elle est revenue, cédant aux appels, et aux injonctions qu'elle recevait par S.M.S. Des appels où les mots, lâcheuse, traîtresse, abandon d'orphelins, etc., revenaient inexorablement. Alors, Dehbia, notre Dehbia, a entendu nos prières : elle nous est revenue, encore mieux que Mathilde, en promettant de nous retrouver plus souvent. Mardi dernier, 5 mars, elle a invité tous ses amis à une soirée "Raï", dans une des nouvelles rues branchées du 11ème arrondissement.
 Là, où des artistes comme Yahiatène, Dahmane El-Harrachi, ou Salah Saadaoui, chantaient jadis l'errance et l'exil. Le nom du lieu, et du chanteur importent peu, puisque nous étions pour un soir "Chez Dehbia", mais je vous les donne quand même : il s'agit du "Chat noir" (inutile de ricaner les Algérois) pour le café-concert, et le chanteur est "Cheb Hocine". En tout cas, lui, il a le droit au titre de "Cheb", puisqu'il porte encore beau, et qu'il n'a pas besoin de travaux de réhabilitation et de ravalement de façade, comme un certain ex "Cheb", ami, "à la vie à la mort d'jis!", du vieil Enrico. Enfin, "Cinq dans l'œil des envieux !", et tant pis pour les absents, et les misanthropes boudeurs, il y avait une ambiance formidable, avec du monde, et du beau monde. Nous avons dansé pendant plus de deux heures, Dehbia en meneuse de revue, et nous nous sommes réveillés le lendemain avec des courbatures, mais le cœur chaud. "Cinq dans l'œil du diablotin, qui sommeille à l'intérieur des gandouras!".

8 mars bis : Elle volent...

Elles volent mais elles n'ont pas le droit de s'envoyer en l'air


J'apprends qu'un avion de "Tunis Air" a décollé ce matin de Tunis avec un équipage exclusivement féminin, pour marquer le 8 mars. C'est bien beau tout ça, mais j'aimerais bien suivre l'itinéraire de ces femmes après le 8 mars, au sein de leurs familles, de leurs quartiers etc. Itinéraire voilé ou pas, monogame ou "Friend Zendani", douce moitié ou moitié seulement, à l'héritage, ou au témoignage. J'entends déjà la réponse des extatiques, et des furieux : avant l'Islam elles n'avaient rien...Mais est-ce une raison pour leur donner seulement 50%, et les mettre à 50/50 en face de l'homme ? Tenez, donnons-nous RDV au 8 avril, et on fera le décompte des femmes "libérées par l'islam", et "ligotées par les musulmans", qui auront subi la loi d'airain de l'homme en "terre d'Islam". La princesse saoudienne qui n'a pas payée ses factures à paris, n'entre pas en ligne de compte "Halal pour eux, Haram pour nous". En plus, j'ai vu sa photo, Dieu qu'elle est laide ! Pour elle, je fermerais les yeux si ses tuteurs la mettent sous voile intégral, à quelque chose malheur est bon !

jeudi 7 mars 2013

Célibataire, et en bonne santé



A l'occasion du 8 mars, je n'ai rien trouvé de mieux que ce texte d'une femme qui n'a pas froid aux yeux, qui sont de couleur miel, nous dit-elle. Cette chronique est publiée en arabe et en anglais, sur le site "Free-Arabs", dont voici le lien pour ceux qui veulent la lire en V.O :

http://freearabs.com/index.php/the-independent-woman/160-jb-span-1-jb-span

Célibataire et en bonne santé !

 

Par Sanaa Elaji 

Je m'appelle Ahlem, et peu importe qui est mon père. Je suis née en 1982, et je suis donc âgée de 30 ans. Je suis d'une "beauté acceptable", comme le proclament les annonces matrimoniales de certaines revues arabes en vogue. Brune, comme la majorité des filles de mon pays, et grande; ce qui me plaît le plus dans mon corps, ce sont mes yeux de miel. Toutefois, je sais, pour ma part, que c'est ma poitrine opulente qui attire le plus les autres. Aussi, et depuis que j'ai pris conscience de ce don, je m'emploie à l'entretenir, et à en user avec une certaine provocation.
Mon problème, c'est que je suis célibataire. Le dictionnaire de la langue arabe me considère comme "vieille fille", mais je n'accepte pas ce terme de "vieille fille", c'est une expression misérable. Je suis une célibataire. Et le célibat pour moi est beaucoup plus qu'un statut familial, administratif ou légal. C'est ce choix qui te permet de décréter que ton bonheur ne s'arrête pas nécessairement à un seul être. Je suis celle qu'on considère comme une mineure à vie, mais qui refuse qu'on exerce sur elle une quelconque tutelle; sous prétexte qu'elle est née avec un appareil génital féminin, dans une société qui a peur du corps féminin et qui le recouvre d'un voile répressif. Je suis la fille de cette canicule qui fait bouillir instantanément le sang, lorsque ma respiration menace l'honneur de ma famille. Etrange paradoxe : je suis mineure aux yeux de la société, parce que je suis une femme placée sous la tutelle de son père, de son frère, ou de son mari. Sauf que je me retrouve, de façon surprenante, investie de l'honneur de toute la famille.  
Je crois en l'amour…Et c'est là, effectivement, qu'est mon vrai problème. Je rêve d'un homme qui me comble d'amour, mais ma mère ne voit pas les choses sous le même angle. Ça ne l'intéresse pas que je sois aujourd'hui une ingénieure en informatique respectée dans une des grandes entreprises économiques de mon pays. Il lui importe peu que mon salaire mensuel soit le quintuple de celui que perçoit mon père, petit fonctionnaire, dans une administration locale. Je reste, à ses yeux, une femme qui a échoué tant qu'un homme ne vient pas frapper à notre porte pour demander ma main à mon père. Ces histoires de mariages, de divorces, et de tromperies, ne suscitent pas la peur chez ma mère, comme elles le font pour moi. Elle estime que les personnes concernées vivent des situations normales, et que moi je n'ai pas de chance, ou alors, je suis victime d'un sortilège. La sorcellerie, c'est notre prescription idéale, celle qui nous permet de ne pas assumer nos responsabilités. Nous ne sommes responsables d'aucune décision, d'aucun évènement, nous sommes simplement ensorcelés…Une coutume sociale qui nous pousse à nous résigner à l'impuissance, lorsqu'il y a des problèmes devant lesquels nous nous sentons désarmés, et sans ressources.
Je me souviens, qu'un jour, je suis allée voir ma mère pour lui dire que j'avais réussi à obtenir la grosse somme d'argent dont on avait besoin pour régler un problème familial : "j'ai une bonne nouvelle pour toi, Maman". Elle m'a répondu vivement : "Est-ce qu'il y a quelqu'un qui vient demander ta main?". Je me suis sentie démoralisée, à ce moment là. J'avais déployé de grands efforts pour trouver cet argent. Je me sentais heureuse et euphorique pour ce que j'avais fait, avant de m'apercevoir que le véritable exploit, aux yeux de ma mère, aurait été de trouver un mari qui me serve de paravent. Sans même m'en rendre compte, des flots de larmes ont commencé à couler de mes yeux.
Je n'ai pas trouvé les mots nécessaires pour expliquer à ma mère qu'il y avait beaucoup de belles choses dans la vie, et que le mariage n'était pas ce que je pouvais réaliser de mieux. Que je ne fuyais pas devant l'amour, ni devant le mariage, et que je recherchais un vrai partenaire, et non pas un homme avec qui je partagerais le lit, les dépenses du ménage, sans plus, alors que chacun de nous garderait pour lui ses propres rêves, son univers propre.
Je n'ai pas trouvé les mots, ni le courage, pour hurler au visage de ma mère que je n'étais pas la pauvresse impuissante qu'elle imaginait, et que l'important pour moi était d'être heureuse, avec ou sans mariage. Je n'ai pas trouvé de mots pour lui dire que je recherchais un homme qui comprenne la langue de Nizar Qabbani, qui sache écouter les battements de mon cœur, qui comprenne mon silence, qui sache comment me faire rire, et panser mes blessures, qui respecte mon indépendance. Je ne suis pas une folle romantique. Je comprends aussi que le mariage ce sont les petites choses du quotidien, des moments d'abattement, parfois, et beaucoup de temps consacré à la négociation. Oui, mais je voudrais que tout cela soit assorti d'un brin de sel, et de la douceur d'aimer. Comment tout expliquer à ma mère? Comment expliquer tout ça à une femme qui considère le mariage comme un mal nécessaire? Je me suis tue, par faiblesse et par compassion pour elle…Le soir, je lui ai donnée l'argent, avec beaucoup d'amertume, parce que la difficulté que j'ai eue à l'obtenir, ne signifie rien pour ma mère, tant que le prétendant n'est pas venu frapper à sa porte.  
La réalité, c'est que le problème n'est pas seulement celui de ma mère. Nous sommes une société que les choix, différents, de ses membres agacent. Tu dois ressembler à tout le monde, et choisir la même voie. Tout autre choix différent des leurs les irrite. Ils se vengent alors en t'agaçant avec mille et une questions. Je ne comprends pas pourquoi chaque personne que je rencontre me pose cette question : "y-a-t-il un prochain mariage dans l'air ?". Etre une femme en pays de misère arabe, et avoir dépassé les vingt-cinq ans, sans avoir de partenaire officiel, est une source d'agacement pour tout le monde…Je crois même que la hantise du mariage chez de nombreuses femmes est dictée par le désir d'échapper aux questions nombreuses et indiscrètes.

lundi 4 mars 2013

Kiosque arabe : Le tapage qatari réveille les voisins



Du temps du parti unique, nous avions des unions corporatistes pour chaque métier, et pour chaque activité. Nous avons eu ainsi dans la presse l'Union de journalistes algériens (U.J.A). Et comme la devise du F.L.N de l'époque était d'unir pour mieux diviser, un petit malin tapi dans les rouages du parti, et qui doit y être encore, a décidé que l'U.J.A serait élargie aux interprètes et traducteurs. Ceci réalisé, on a réfléchi, c'est du moins ainsi qu'on exprimait l'acte d'élaborer des combinaisons tordues, au moyen de créer une union plus large encore. Un journaliste qui ne savait pas tenir sa langue proposa d'adjoindre à l'U.J.A. l'Union des sourds et muets. Dans la foulée, on évoqua aussi le renfort éventuel des aveugles, qui s'opposèrent avec force à un tel projet, voyant en lui l'œuvre de dirigeants frappés de cécité précoce.
Nous avons eu aussi l'Union des écrivains algériens, où vous n'étiez pas obligés de montrer un spécimen d'écriture, pour adhérer. Puis, il y a eu l'union des peintres, pas ceux du bâtiment, les autres qui peignent des tableaux, et j'en passe. Bref, tous étaient unis sous l'étendard du FLN, pour pratiquer la critique constructive en public et l'autocritique en boudoirs. Les femmes étaient regroupées dans l'Union nationale de femmes algériennes (UNFA), chargée, entre autres, de faire oublier que l'indépendance c'était aussi grâce à elles. Ayant ainsi réalisé l'union de toutes les "forces vives", il fallait se tourner vers l'est pour voir ce qu'il était possible de réaliser, dans le cadre de la nation arabe.
Nous avons donc eu, dans le cadre du syndicat des potentats arabes, plus connu sous le nom de "Ligue arabe", des organisations et des unions où il fallait juste changer le dernier mot du sigle. Certaines unions arabes sont même devenues des organisations à géométrie variable, et à forte sensibilité aux changements atmosphériques et aux variations éoliennes. Je n'en dirais pas plus de cette Union parlementaire arabe, qui est comme chacun le sait, le vivier de la démocratie triomphante, avec des députés élus par les peuples et pour les peuples. Qui donc peut se targuer, hors de cette sphère, de posséder l'union du fer et de l'acier arabes, d'organiser un congrès du tracteur arabe, etc., etc. Et toutes ces unions, toutes ces organisations tiennent congrès, en veux-tu en voilà, dans l'un ou l'autre des pays membres, ce qui permet des voyages et des échanges fructueux.
Avec tout ce beau monde, plus besoin d'aller jusqu'en Chine pour quérir le savoir, et la connaissance, on vous les amène jusqu'à votre porte, si vous en avez une bien sûr. Je croyais avoir fait le tour de la question, mais j'avais oublié la meilleure de l'année, le nec plus ultra de l'événementiel, ce fameux congrès de l'organisation de la femme arabe (O.F.A). J'avoue que j'ai suivi d'un œil plus que distrait les péripéties de ce congrès qui s'est tenu la semaine dernière dans nos murs. J'avais tort, parce que ce congrès était très instructif pour quiconque voulait se convaincre définitivement que le changement dans la continuité, ça existe.
D'abord, la première surprise : c'est de savoir qu'une certaine Madame El-Béchir participait à ce congrès, et qu'elle y avait même joué les premiers rôles. Cette dame n'est autre que l'épouse du Président Omar El-Béchir, le chef de l'État soudanais, responsable de la partition de son pays, entre autres réalisations historiques. Accessoirement, puisqu'il est assuré de l'impunité et de la sollicitude de ses pairs, Omar El-Béchir est sous le coup d'un mandat d'arrêt du Tribunal pénal international (T.P.I), pour crimes contre l'humanité. La condamnation du TPI ne concerne pas la scission du Soudan, mais la répression au Darfour, là où des observateurs arabes n'ont vu que colombes et amour du prochain. Pour le plus grand bonheur du tyran soudanais, la sainte ligue et une partie de l'opinion considèrent que le T.P.I. est un instrument de l'impérialisme américain. Ses jugements et ses sentences ne sont acceptables que lorsqu'ils concernent des Serbes qui ont assassiné des musulmans bosniaques.
S'agissant du sieur El-Béchir, une fatwa l'autorise à massacrer des animistes, des chrétiens, et mêmes quelques musulmans, au passage, puisqu'il n'y a rien de tel pour hâter l'avènement de l'État islamique, infaillible et équitable. J'ignorais aussi que l'O.F.A comptait des femmes entrepreneurs dans ses rangs, des entrepreneurs qui ont pris pour modèle Khadidja, la femme du Prophète, comme l'a souligné une participante émiratie. On peut supposer que la dame en question faisait référence à la Khadidja de l'époque préislamique, riche veuve qui gérait elle-même ses biens. Or, Khadidja constituait une exception, dans le système tribal de cette période où les femmes devenues veuves pouvaient échoir, ainsi que leurs richesses propres, à l'héritier mâle le plus proche.
La congressiste émiratie avait assurément de bonnes raisons d'exprimer son refus de recevoir des leçons en matière d'Islam, de la part du mouvement des "Frères musulmans", ascendant dans le monde arabe. Selon le journal "Al-Itihad" des émirats, l'Union des Émirats arabes, et plus largement les pays du Conseil de coopération du Golfe (C.C.G), auraient de sérieux motifs d'inquiétude au sujet des ambitions islamistes. Dans un article, d'une rare clarté et visiblement inspiré, le quotidien interpelle directement le Qatar sur son activisme qui menace désormais ses propres alliés. "Al-Itihad" estime que le pouvoir au Qatar est partagé entre deux courants, l'un coopératif et complémentariste (dans le cadre de l'union), et l'autre, isolationniste et belliciste. Or, c'est ce deuxième courant qui semble être en train de l'emporter, selon le journal, qui affirme que ce courant agit en étroite collaboration avec les "Frères musulmans" égyptiens. Et plus précisément avec leur véritable chef, Khairat Al-Chater, le richissime homme d'affaires égyptien.
"Al-Itihad" reproche au gouvernement du Qatar d'avoir ouvert ses coffres, et d'avoir mobilisé sa chaîne "Al-Djazira", au service de ceux qui s'autorisent ce qu'ils interdisent aux autres. Qui font de la religion un fonds de commerce, un mouvement qui complote contre ses frères émiratis, sous couvert de "printemps arabe". "Est-il normal que le Qatar appuie un mouvement qui ne considère que sa propre opinion, et estime que seule sa conception de l'islam, excluant toutes les autres, doit avoir force de loi? Regardez autour de vous ! Vous reste-t-il encore un ami qui a confiance en vous, ou un voisin que vos projets rassurent ?", ajoute "Al-Itihad", comme une injonction à changer de cap.  Comme quoi, il y a des réveils salutaires, même s'ils sont tardifs, et en soubresauts.   
A.H